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L’initiative populaire « Sortir du nucléaire » sur laquelle nous votons le 27 novembre demande l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires et une durée maximale d’exploitation de 45 ans pour les centrales existantes. Par ailleurs, elle initie le tournant énergétique ce qui implique d’économiser l’énergie, de l’utiliser efficacement et d’encourager la production d’énergies renouvelables. Le Conseil fédéral y a opposé un contre-projet indirect (Stratégie énergétique 2050) qui reprend certains points du projet d’initiative sans pour autant fixer de critère pour la durée maximale d’exploitation.

D’après le Conseil fédéral, et surtout la conseillère fédérale Doris Leuthard, nos centrales nucléaires ne devraient pas être désaffectées à l’issue d’une durée d’exploitation fixée selon des critères politiques mais au contraire lorsqu’elles ne sont plus en mesure de satisfaire aux exigences en matière de sécurité technique. Ce raisonnement repose sur une idée fondamentalement fausse ! Certes, le nucléaire est une question complexe par sa technicité. Mais il y a plus important : le nucléaire altère notre environnement, notre santé, la structure sociale dans laquelle nous vivons et l’intégrité des générations futures. De ce fait, le nucléaire est une question éminemment politique ! Et doit donc faire l’objet d’un vaste débat sur son avenir. Prétexter de la complexité des questions énergétiques pour en dessaisir les citoyens est un profond déni de démocratie. C’est pourtant bien ce que font les partisans du nucléaire depuis des décennies, en s’acharnant à réduire le débat à son seul versant technique et financier.

D’après le projet du Conseil fédéral, nos vieilles centrales pourront ainsi bénéficier de prolongations de leur durée de vie jusqu'à plus de 60 ans. Dans le monde, on ferme les centrales nucléaires après une durée de vie moyenne de moins de 30 ans. Beznau, mise en service il y a 45 ans, est la plus vieille centrale au monde encore en fonction. Tout comme Mühleberg, elle ne correspond plus aux exigences actuelles de sécurité. Il est inacceptable d'imposer le risque d’un grave accident à la population alors que des alternatives existent. On peut penser aux installations d'énergie renouvelable, aux investissements dans des bâtiments plus efficaces en termes d'économie d'énergie ou encore à une utilisation beaucoup plus systématique des sources d'énergies durables que sont l'eau, le rayonnement solaire, le vent ou la biomasse. Plus de 30 000 projets d'énergie renouvelable sont en attente dans les tiroirs de la Confédération ! Ils peuvent produire autant d'électricité que nos trois plus vieux réacteurs nucléaires. Ainsi, la Suisse peut envisager avec une certaine sérénité son avenir énergétique.

Pourquoi attendre? Pourquoi investir des centaines de millions de francs dans le maintien de centrales dangereuses et obsolètes au lieu de les engager pour les énergies de demain? On peut comprendre que les exploitants des centrales nucléaires veuillent continuer le plus longtemps possible à faire des bénéfices grâce à une énergie dont la collectivité assume tous les risques en cas d'accident, ainsi que les frais complémentaires de démantèlement des centrales. Le nucléaire est une énergie dont les générations futures géreront et assumeront financièrement les déchets. Si nous décidons de soutenir les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, c'est pour sortir du nucléaire, pas pour en prolonger l'usage.

La catastrophe de Fukushima aurait dû nous inciter à plus de prudence, or c'est le contraire qui se passe puisque l'on envisage désormais de faire fonctionner nos vieilles centrales plus longtemps que ce que l'on imaginait avant Fukushima. Arrêtons d'offrir des liftings au rabais à de vieilles casseroles nucléaires uniquement pour leur rendement, en faisant fi de la sécurité et de l'environnement!

Pour toutes ces raisons il est impératif qu’une décision forte soit prise et je vous invite à voter OUI le 27 novembre!



 

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Dans notre système de santé, certains assurés payent 35% de plus que d'autres pour les mêmes prestations! Chaque année, le taux d'augmentation des primes surpasse largement les coûts de la santé et la couverture des remboursements divergent d'un assureur à l'autre, sans raison.
Ce constat démontre que le système de santé actuel ne fonctionne plus, car les caisses maladie sont dans une spirale de chasse au profit, pour le même produit.
Médecins, pharmaciens, hôpitaux ou organisations de soins à domicile doivent aujourd'hui se débattre au milieu d'une jungle de plus de 60 caisses, chacune d'entre elles édictant ses propres règles: avec 300.000 produits et modèles d'assurances différents sur un petit territoire suisse, plus personne ne s'y retrouve!
Il ne faut pas l'oublier: 10% des malades génèrent 70% des coûts. C'est dans la prise en charge des patients lourds que tout se joue! Les caisses privées cherchent à les stigmatiser, à les faire fuir, sort qui peut rattraper un jour, chacun d'entre nous. Cette sélection alourdit le système qui se chiffre en millions de francs, car la "transhumance" annuelle de 800.000 assurés nécessite des coûts pharaoniques en publicité et en marketing! La concurrence, utile dans la plupart des secteurs économiques, ne l'est pas dans un secteur, la santé, qui exige un "parapluie" de protection pour tous.
L'initiative pour une caisse publique propose d'enterrer la sélection des risques qui nuit au système de santé actuel, par une réforme structurelle de l'assurance maladie avec un partenariat pour sa gestion. La répartition des coûts se fera entre l'assurance de base (publique) et la complémentaire (privée), avec une prime uniforme par canton.
La caisse publique sera au service de tous grâce aux traitements les plus efficaces, aux préventions, et pourquoi pas grâce à la vente de certains médicaments à l'unité (cf. la motion Tornare au CN), etc., avec une transparence sur les coûts de la santé, bannissant le surplus de primes payées (de 1992 à 2013: 1,7 milliards en trop!).
Le catalogue des prestations de soins et le libre choix du médecin, les rabais pour enfants, les franchises à options ou autres modèles avantageux ne seront pas remis en question, contrairement aux dire des opposants! Les seules économies se feront sur le dos de directeurs, d'administrateurs ou d'élus fédéraux lobbyistes trop payés (cf. TDG du 29 août).
Les opposants se gardent bien de rappeler que des dizaines de milliers de Suisses, dans le besoin, sont soutenus financièrement par les pouvoirs publics pour les aider à conjurer les augmentations de primes! Ce qui n'encourage pas les caisses à baisser les primes, et on ne les entend pas prôner le moins d'Etat en l'occurrence!
Dire que l'on n'aura plus le choix de sa caisse est un leurre: cette fausse concurrence rime avec la chronique annoncée de la hausse annuelle de la prime!
Les caisses vous la feront vivre prochainement !