Culture

Faisons de la musique une langue nationale (Le Temps 20.09.2012)

Posted on: 20 septembre 2012 by manueltornare
Faisons de la musique une langue nationale (Le Temps 20.09.2012)

Article sur Le Temps

La musique est importante pour la cohésion de notre société, elle mérite une meilleure place dans le système éducatif. C’est possible en disant oui au nouvel article constitutionnel qui en fera la promotion sous plusieurs formes. Par le conseiller national Manuel Tornare

La musique fait partie intégrante de notre société. Elle se partage, se transmet, se diffuse et se reproduit au-delà des barrières sociales, culturelles et linguistiques. Sa signification particulière est évidente pour un pays comme le nôtre qui compte quatre langues officielles et qui accueille des personnes des origines les plus diverses. Renforçant notre identité nationale, elle fait complètement partie de notre mode de vie.

Bien que tout le monde s’accorde sur son importance pour le bon fonctionnement de notre société, la musique n’a pas la place qu’elle mérite dans notre système éducatif. Trop souvent, elle est une discipline marginalisée au profit des disciplines dites «du savoir».

Le nouvel article constitutionnel sur lequel les Suisses sont appelés à se prononcer dimanche 23 septembre vise à renforcer la formation musicale des enfants et des jeunes. Le parlement l’a élaboré comme contreprojet direct à l’initiative populaire «jeunesse + musique», laquelle a été retirée par la suite. La nouvelle réglementation impose à la Confédération et aux cantons de promouvoir la formation musicale.

A l’heure actuelle, les écoles de musique, à quelques exceptions près, ne figurent pas dans les législations cantonales. Elles sont sous la «tutelle» des autorités communales. Aussi, leur situation est tributaire du paysage politique local. De plus, contrairement aux langues et aux sciences naturelles, l’enseignement de la musique ne fait pas l’objet d’une réglementation nationale. Avec ce nouvel article constitutionnel, les cantons sont tenus d’harmoniser les objectifs des cours de musique en définissant au plan national les compétences que les élèves doivent acquérir dans cette discipline. Cela facilitera notamment le changement d’école d’un canton à l’autre. C’est important dans une société où la mobilité est valorisée.

La musique n’est pas cantonnée à l’enseignement scolaire. Par amour de la musique, beaucoup d’enfants et de jeunes souhaitent apprendre à jouer d’un instrument ou s’adonner à la musique d’une autre manière. Pour de nombreuses familles, les cours d’instrument reviennent beaucoup trop cher. L’accès à la formation musicale ne doit pas dépendre uniquement de l’épaisseur du porte-monnaie des parents. L’article constitutionnel proposé oblige la Confédération, dans le domaine extrascolaire, à définir, avec la participation des cantons, des principes régissant l’accès des jeunes à la pratique musicale. Autant de jeunes gens que possible pourront ainsi avoir l’opportunité de pratiquer une activité musicale.

Ce n’est pas tout. Les conditions actuelles pour les enfants et les jeunes particulièrement doués pour la musique sont peu favorables. Elles ne permettent pas de proposer aux talents musicaux un encouragement adéquat. La nouvelle réglementation vise à combler cette lacune; des principes seront élaborés pour détecter les jeunes talents et leur permettre de développer leurs compétences en conciliant activité musicale et scolarité.

Le 23 septembre prochain, faisons de ce langage universel qu’est la musique notre langue nationale unique.