Berne

Chronique bernoise

Posted on: 20 décembre 2011 by manueltornare

D’abord il y a la ville. Berne. Lovée dans un bras paresseux de l’Aar. Si bien préservée qu’elle semble figée, mais détrompez-vous : elle vit ! Les commerces ne sont pas claquemurés ou masqués en bureaux, mais ouverts sur les coursives, sur la rue. Les transports publics sont ici si bien conçus que les voitures ont renoncé ! Berne, chaque Suisse a dû apprendre dans son cursus scolaire qu’elle n’est pas une capitale, mais une ville fédérale. Une ville fédérale ne doit pas être prétentieuse ! La différence n’est donc pas que politique ou administrative. Certains ont mal vécu ce côté hors du temps, achronique, provincial :pour un Paul Morand, ambassadeur de Pétain sous Vichy, diplomate égaré, écrivain étincelant, sublime ; Romain Gary, à la Libération, le gaulliste flamboyant, le remplaça mais s’y morfondait ! ‘’ Berne, la ville où tout se passe ailleurs !’’ écrivait-il ! Quel ours !
J’aime cette ville, fausse belle endormie, mais mon lac, les êtres chers que j’aime, mes copines et potes eaux-viviens, mon chien, me manquent. Mais le peuple m’a envoyé ici. Honneur certes, mais hasard ou destin ?
Ensuite, il y a l’exercice de ce mandat : tout a débuté à la cathédrale de Berne par une méditation œcuménique. Puis la prestation de serment dans la salle du National avec les discours : celui du plus jeune de l’Assemblée, Mathias Reynard. Un discours au ton ferme, juste, loin des déhanchements suffisants de certains politiciens de sa génération ! J’étais fier de ce jeune socialiste valaisan qui porte sa terre dans son verbe et son soleil dans son sourire. Puis se sont enchaînés les séances, les réunions du groupe PS, les préparations pour la commission des affaires étrangères où je siègerai (Apk). Et le fameux mercredi ‘’sans surprise’’. Si l’UDC avait gardé son sang-froid et avait été tactique, le PLR aurait perdu un siège ! Dès le lendemain, le travail reprend à vitesse TGV ! Les lobbies envahissent à nouveau ce palais fédéral avec leurs émissaires nous bousculant dans la salle des pas perdus ! Etrange cette coutume ! Puis l’adieu à Micheline ! On se rendra compte de plus en plus du rôle essentiel qu’elle a joué sur la scène internationale. Le film sur ma campagne sur tsr2 le lundi 12 décembre : pardon pour les jurons, le chew-gum, la tenue pas très sexy dans mon home ! Mais la sincérité a été perçue !
Alors Berne, chronique d’une première session. Berne : une ville où je dois me battre pour un ailleurs : Genève, ma Genève.