Culture

 

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      1. LE JOURNAL DU MATIN 21.10.2013


LE JOURNAL DU MATIN sur RTS 1ère 21.10.2013



Pour une politique du livre (Causes communes, février 2013/29)

Posted on: 18 février 2013 by manueltornare

 

Faut-il réglementer le prix du livre ? Ce débat a animé le législateur fédéral pendant sept ans. La loi suggérée naguère par Jean-Philippe Maitre est passée à la trappe. En mars 2012, la population suisse a dit « non », sans appel, par 56.1% des voix. La fracture entre opposants et partisans a longé la «barrière de rösti», puisque les cantons alémaniques ont rejeté ce texte, tandis que tous les cantons romands l’ont très nettement approuvé.

Le juste prix du livre
Cela s’explique par le fait qu’il y a de grandes différences entre les régions sur l’approvisionnement et le nombre de librairies et la chaîne de production. Et le fait qu'un taux de change excessif frappe les ouvrages importés de France a certainement joué un rôle. Le succès du projet dans tous les cantons francophones montre surtout l’inquiétude d’une majorité de la population face à la disparition des librairies et aux prix qui sont jusqu’à 40% supérieurs à ceux en France.

Les regards se tournent maintenant vers la Commission de la concurrence (Comco). Cette dernière a ouvert, en 2008, une enquête sur les entraves au libre marché du livre en Suisse romande, qu’elle avait suspendue en prévision de la votation. La Comco examine si les représentants en Suisse des maisons d’édition françaises occupent une position dominante en matière de prix. En effet, les diffuseurs importent des livres auxquels ils fixent des prix nettement plus élevés que ceux pratiqués sur le marché français. Il pourrait s’agir par conséquent de prix abusifs au sens de la loi sur les cartels. La décision de la Comco, qui va tomber ces prochaines semaines, risque de faire pression sur les prix des livres en Suisse romande.

Des propositions concrètes
Il sied d’élaborer des pistes pour encourager la scène littéraire suisse. De manière générale, les données concernant le marché du livre manquent, tant sur le système de diffusion, les maisons d’éditions, les librairies ou le rôle du commerce électronique. Or, pour développer des mesures d’encouragement en faveur de la place littéraire suisse, il est important de se fonder sur des chiffres réels.

Les pouvoirs publics doivent prendre des mesures pour encourager ce secteur culturel, en complément aux efforts déployés par les libraires et les créateurs littéraires. On pourrait ainsi penser à développer des prix littéraires, des ouvrages de commandes, des éditions cofinancées, au financement d’ateliers d’artistes, ou à des programmes scolaires. L’idée d’introduire une rémunération au titre du prêt en bibliothèque (« tantième des bibliothèques ») est fréquemment revenue sur la table lors des discussions au parlement. Une fondation romande pour le livre qui a comme but la promotion des auteurs suisses d’expression francophone et le soutien coordonné aux auteurs, éditeurs et libraires indépendants est également une idée prometteuse pour s’attaquer aux défis que traverse le secteur du livre.

Pour une action régionale concertée
S’il y a unanimité sur le fait que le livre est un bien culturel particulier et non pas un simple produit de consommation, il faut réfléchir à une véritable politique du livre tendant à maintenir et à développer cet objet fondamental. Le résultat du 11 mars a douché tout espoir d’une régulation nationale. La discussion autour d’une politique du livre coordonnée doit se faire à l’échelle de notre région, entre acteurs politiques et professionnels, et entre collectivités publiques, cantons et villes de Suisse romande.



Faisons de la musique une langue nationale (Le Temps 20.09.2012)

Posted on: 20 septembre 2012 by manueltornare

 

Article sur Le Temps

La musique est importante pour la cohésion de notre société, elle mérite une meilleure place dans le système éducatif. C’est possible en disant oui au nouvel article constitutionnel qui en fera la promotion sous plusieurs formes. Par le conseiller national Manuel Tornare

La musique fait partie intégrante de notre société. Elle se partage, se transmet, se diffuse et se reproduit au-delà des barrières sociales, culturelles et linguistiques. Sa signification particulière est évidente pour un pays comme le nôtre qui compte quatre langues officielles et qui accueille des personnes des origines les plus diverses. Renforçant notre identité nationale, elle fait complètement partie de notre mode de vie.

Bien que tout le monde s’accorde sur son importance pour le bon fonctionnement de notre société, la musique n’a pas la place qu’elle mérite dans notre système éducatif. Trop souvent, elle est une discipline marginalisée au profit des disciplines dites «du savoir».

Le nouvel article constitutionnel sur lequel les Suisses sont appelés à se prononcer dimanche 23 septembre vise à renforcer la formation musicale des enfants et des jeunes. Le parlement l’a élaboré comme contreprojet direct à l’initiative populaire «jeunesse + musique», laquelle a été retirée par la suite. La nouvelle réglementation impose à la Confédération et aux cantons de promouvoir la formation musicale.

A l’heure actuelle, les écoles de musique, à quelques exceptions près, ne figurent pas dans les législations cantonales. Elles sont sous la «tutelle» des autorités communales. Aussi, leur situation est tributaire du paysage politique local. De plus, contrairement aux langues et aux sciences naturelles, l’enseignement de la musique ne fait pas l’objet d’une réglementation nationale. Avec ce nouvel article constitutionnel, les cantons sont tenus d’harmoniser les objectifs des cours de musique en définissant au plan national les compétences que les élèves doivent acquérir dans cette discipline. Cela facilitera notamment le changement d’école d’un canton à l’autre. C’est important dans une société où la mobilité est valorisée.

La musique n’est pas cantonnée à l’enseignement scolaire. Par amour de la musique, beaucoup d’enfants et de jeunes souhaitent apprendre à jouer d’un instrument ou s’adonner à la musique d’une autre manière. Pour de nombreuses familles, les cours d’instrument reviennent beaucoup trop cher. L’accès à la formation musicale ne doit pas dépendre uniquement de l’épaisseur du porte-monnaie des parents. L’article constitutionnel proposé oblige la Confédération, dans le domaine extrascolaire, à définir, avec la participation des cantons, des principes régissant l’accès des jeunes à la pratique musicale. Autant de jeunes gens que possible pourront ainsi avoir l’opportunité de pratiquer une activité musicale.

Ce n’est pas tout. Les conditions actuelles pour les enfants et les jeunes particulièrement doués pour la musique sont peu favorables. Elles ne permettent pas de proposer aux talents musicaux un encouragement adéquat. La nouvelle réglementation vise à combler cette lacune; des principes seront élaborés pour détecter les jeunes talents et leur permettre de développer leurs compétences en conciliant activité musicale et scolarité.

Le 23 septembre prochain, faisons de ce langage universel qu’est la musique notre langue nationale unique.