Blog

 

Selon l'article 113 de la Constitution, quiconque prend sa retraite en Suisse doit pouvoir "maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur" grâce aux premier et deuxième piliers. On en est encore loin, puisque la rente mensuelle minimale se limite à 1’160 francs par mois. Bien qu'ils aient travaillé toute leur vie, trop de retraités sont encore menacés par la précarité et l'exclusion sociale. Une telle situation, urbaine ou rurale, est indigne d'un pays aussi riche que la Suisse. 13 pour cent des rentiers et 38 pour cent des rentières ne touchent ni rente du deuxième pilier, ni rétribution issue du troisième pilier, facultatif. Pour ces personnes, les rentes AVS représentent l'unique ou la principale source de revenu, un vrai filet social de sécurité.

Par ailleurs, le renchérissement de l'AVS n'a pas suivi l'évolution réelle des salaires. Par exemple, de 1980 à nos jours, les salaires ont en moyenne augmenté de 35 pour cent, alors que la croissance des rentes AVS plafonne à 14 pour cent. Il s'agit donc d'un retard de 20 pour cent et d'une baisse réelle de même importance.

Dans son initiative AVSplus, l’Union syndicale suisse propose d'augmenter de manière linéaire de 10 pour cent les rentes de l’AVS. Pour une rente minimale actuelle de 1’160 francs (personne seule), cela représenterait un supplément de 116 francs par mois. Pour une rente de couple complète, le supplément apporté par AVSplus serait de 348 francs.

L’augmentation de 10 pourcent des rentes, la moitié du retard accumulé en 36 ans, renforce sensiblement le revenu des rentières et rentiers, surtout pour les bas et moyens revenus. Mais ce sont aussi les femmes qui profiteraient de ce relèvement : elles reçoivent en effet souvent de plus petites rentes en raison d’arrêts de travail dus à la maternité ou à l’éducation des enfants. L’augmentation du montant des rentes AVS est aussi favorable aux jeunes, et notamment aux jeunes familles, parce qu'elle leur permettra d'avoir un objectif de prévoyance qui ne passe ni par le cadre de la LPP, ni par celui du troisième pilier, qui sont des systèmes notablement onéreux. Elle leur donnera également la perspective d'une rente AVS qui couvre une part importante de leurs besoins en prévoyance, leur permettant ainsi de modérer les investissements qu'elles sont amenées à faire dans le deuxième ou le troisième pilier pour leur retraite et leur prévoyance.

L'AVS représente un des socles de notre Etat social. Son financement est clairement redistributif et prévoit un prélèvement obligatoire profondément solidaire. Le principe est simple: tout le monde doit verser des cotisations calculées sur la totalité de son salaire, mais la rente de la personne qui paie des cotisations basées sur un revenu d'un million de francs ne sera pas supérieure à celle d'une personne qui a un revenu moyen. Ce rapport tient surtout sur la forte solidarité entre les hauts et les bas revenus.

Les coûts entraînés par AVSplus sont de 4,1 milliards de francs. L’initiative ne dit toutefois rien sur la manière de la financer. Mais envisager un financement le biais des cotisations salariales ne devrait plus être un tabou. Avec AVSplus, un ou une salarié-e devrait verser 0,4 pour cent de cotisations en plus. Sur un salaire brut de 54’000 francs par an, cela représente 270 francs par an. Mais, en contrepartie, la rente augmente de 2’000 francs par an ! L’AVS peut se le permettre : l’augmentation du taux de personnes âgées au sein de la population n'a jamais posé de problèmes insurmontables et rien n’indique que cela pourrait être le cas à l’avenir. Alors que le Conseil fédéral ne cesse de peindre le diable sur la muraille, ses pronostics négatifs se sont toujours révélés à côté de la plaque, comme ses prévisions sur les comptes 2015 !

Il est grand temps de revaloriser et de renforcer les rentes AVS, surtout pour celles et ceux qui en ont le plus besoin. L’AVS, c'est la solidarité entre générations et entre classes sociales, et il est inadmissible de voir des retraités tomber dans la pauvreté après avoir travaillé toute leur vie.

Votons OUI le 25 septembre 2016 !



 

Article Tribune de Genève



Pour une politique du livre (Causes communes, février 2013/29)

Posted on: 18 février 2013 by manueltornare

 

Faut-il réglementer le prix du livre ? Ce débat a animé le législateur fédéral pendant sept ans. La loi suggérée naguère par Jean-Philippe Maitre est passée à la trappe. En mars 2012, la population suisse a dit « non », sans appel, par 56.1% des voix. La fracture entre opposants et partisans a longé la «barrière de rösti», puisque les cantons alémaniques ont rejeté ce texte, tandis que tous les cantons romands l’ont très nettement approuvé.

Le juste prix du livre
Cela s’explique par le fait qu’il y a de grandes différences entre les régions sur l’approvisionnement et le nombre de librairies et la chaîne de production. Et le fait qu'un taux de change excessif frappe les ouvrages importés de France a certainement joué un rôle. Le succès du projet dans tous les cantons francophones montre surtout l’inquiétude d’une majorité de la population face à la disparition des librairies et aux prix qui sont jusqu’à 40% supérieurs à ceux en France.

Les regards se tournent maintenant vers la Commission de la concurrence (Comco). Cette dernière a ouvert, en 2008, une enquête sur les entraves au libre marché du livre en Suisse romande, qu’elle avait suspendue en prévision de la votation. La Comco examine si les représentants en Suisse des maisons d’édition françaises occupent une position dominante en matière de prix. En effet, les diffuseurs importent des livres auxquels ils fixent des prix nettement plus élevés que ceux pratiqués sur le marché français. Il pourrait s’agir par conséquent de prix abusifs au sens de la loi sur les cartels. La décision de la Comco, qui va tomber ces prochaines semaines, risque de faire pression sur les prix des livres en Suisse romande.

Des propositions concrètes
Il sied d’élaborer des pistes pour encourager la scène littéraire suisse. De manière générale, les données concernant le marché du livre manquent, tant sur le système de diffusion, les maisons d’éditions, les librairies ou le rôle du commerce électronique. Or, pour développer des mesures d’encouragement en faveur de la place littéraire suisse, il est important de se fonder sur des chiffres réels.

Les pouvoirs publics doivent prendre des mesures pour encourager ce secteur culturel, en complément aux efforts déployés par les libraires et les créateurs littéraires. On pourrait ainsi penser à développer des prix littéraires, des ouvrages de commandes, des éditions cofinancées, au financement d’ateliers d’artistes, ou à des programmes scolaires. L’idée d’introduire une rémunération au titre du prêt en bibliothèque (« tantième des bibliothèques ») est fréquemment revenue sur la table lors des discussions au parlement. Une fondation romande pour le livre qui a comme but la promotion des auteurs suisses d’expression francophone et le soutien coordonné aux auteurs, éditeurs et libraires indépendants est également une idée prometteuse pour s’attaquer aux défis que traverse le secteur du livre.

Pour une action régionale concertée
S’il y a unanimité sur le fait que le livre est un bien culturel particulier et non pas un simple produit de consommation, il faut réfléchir à une véritable politique du livre tendant à maintenir et à développer cet objet fondamental. Le résultat du 11 mars a douché tout espoir d’une régulation nationale. La discussion autour d’une politique du livre coordonnée doit se faire à l’échelle de notre région, entre acteurs politiques et professionnels, et entre collectivités publiques, cantons et villes de Suisse romande.



 

Interpellation signalétique sur les emballages

Le conseiller national socialiste genevois Manuel Tornare souhaite que l'étiquetage des denrées comestibles soit plus lisible pour les consommateurs. Il a interpellé le Conseil fédéral pour que celui-ci applique la législation européenne et pour qu'il accepte un étiquetage baptisé «feux de signalisation». «Cela permet d'évaluer plus aisément la teneur en énergie de chaque aliment, son pourcentage de sucre ou de sel, et aide le consommateur à choisir, explique le Genevois. Une étiquette verte indique un aliment sain, orange signifie attention et rouge correspond à des niveaux élevés de substances déconseillées. » Pour Manuel Tornare, ce système est bien plus efficace qu'une étiquette remplie de noms et de chiffres de toutes sortes que peu de gens lisent.
La démarche n'est pas pour déplaire à la Fédération romande des consommateurs (FRC). «C'est la meilleure manière de comparer rapidement et facilement les aliments au moment de l'achat, confirme Barbara Pfenniger, spécialiste de l'alimentation. Notamment pour les aliments composés par exemple des pizzas précuites, des céréales de petit-déjeuner, des mélanges de légumes surgelés, ce genre d'info est indispensable pour bien choisir. » Et de rappeler que la FRC a récemment mené une enquête à ce propos. «Sur 34 céréales achetées dans les supermarchés romands, précise-t-elle, nous avons constaté que certaines d'entre elles contenaient presque 45% de sucre!»

Le Conseil fédéral devrait sous peu répondre à l'interpellation de Manuel Tornare.