Berne

 

Le conseiller national genevois Manuel Tornare veut rendre obligatoires des cours de sensibilisation à l'école

Pro Juventute ou encore Action innocence ne sont plus les seuls à lutter pour une meilleure prise en compte des dangers liés à l'utilisation d'Internet. Le socialiste genevois Manuel Tornare veut relayer leur cause à Berne et vient de déposer une motion, forte d'une quinzaine de signatures, pour inciter la Confédération a en faire un axe prioritaire de prévention dans les écoles.

Il y a déjà de nombreuses actions sur le terrain. Est-il réellement nécessaire que la Confédération s'en mêle?

Il y a de grandes disparités en Suisse. Dans certains cantons, nous avons déjà une excellente collaboration entre l'instruction publique et les organisations privées ou encore la police. C'est le cas à Genève, où, comme maire, je me suis beaucoup engagé aux côtés d'Action innocence que la Ville a soutenue et financée. Mais je constate que certains cantons sont toujours réfractaires à instaurer une vraie prévention. Pourtant, plus personne ne peut nier les dangers auxquels les jeunes sont exposés quotidiennement, qu'il s'agisse de pornographie ou de pédophilie, mais aussi de cyber-harcèlement.

Mais doit-on toujours confier à l'école ces missions de sensibilisation?

Oui, parce que c'est le lieu et l'espace idéal pour le faire. Il y a déjà une sensibilisation à l'informatique dès l'école primaire. Et c'est dans ce cadre qu'il faut intervenir, dès le plus jeune âge et en collaboration avec les parents qui n'ont souvent aucune conscience des dangers et ne prennent aucune précaution.

Qu'attendez-vous de la Confédération?

Il faut maintenant une stratégie nationale face à Internet. Nous sommes face à une dérive totale. Nous avons un besoin urgent de cautèles plus strictes. Et c'est aussi une question de moyens.



 

Article sur site TDG

La libre circulation des travailleurs a eu des effets très positifs sur l’économie suisse, mais devant les abus et la concurrence déloyale d’entreprises étrangères ou de faux indépendants, le soutien des Suisses s’érode. Les contrôles sur les chantiers ont mis en lumière de nombreuses sous-enchères salariales. Parmi les abus identifiés : des carreleurs hongrois payés trois francs de l’heure à Zoug, ou des ouvriers d’une firme de sous-traitants français rémunérés treize francs de l’heure sur un chantier à Genève. Le minimum conventionnel suisse, rappelons-le, est de 22.70 francs ! Conséquence : la pression sur les salaires suisses augmente massivement. Et les entreprises qui pratiquent la sous-enchère des salaires peuvent se cacher derrière des chaînes de sous-traitants. Les entreprises correctes disparaissent à cause de cette guerre des prix.

Il faut que le dumping salarial cesse d’être lucratif dans les entreprises ! Il faut renforcer les mesures de protection : plus de contrôles, des sanctions plus sévères, avec une interdiction de travail pour les entreprises qui enfreignent de façon répétée les salaires et les conditions de travail.

Toute personne travaillant en Suisse a le droit à des conditions salariales et de travail en vigueur dans notre pays. La base légale actuelle ne permet pas d’agir vis-à-vis des entreprises sous-traitantes en infraction. Le Conseil des États a accepté, lors de la session de septembre, de renforcer la responsabilité solidaire de l’entrepreneur suisse envers ses sous-traitants européens. Le Conseil fédéral préconise également cette mesure. Le Conseil national, dans le cadre du débat sur les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes, se prononcera le 5 décembre prochain.

Sous le régime de la responsabilité solidaire, la première entreprise qui délègue le mandat est responsable du respect des conditions de travail et du versement de salaires corrects. Selon le texte, l’entrepreneur contractant est tenu de faire signer, à son sous-traitant direct, un contrat écrit obligeant le sous-traitant à respecter les conditions de travail et de salaire en Suisse. Si un tel contrat n’est pas signé, l’entrepreneur contractant répondra civilement de l’éventuel non-respect des conditions de travail et de salaire par le sous-contractant direct. Et les organes de contrôle peuvent exiger en tout temps une copie de ce contrat.

Le soutien à l’introduction d’un régime obligatoire de responsabilité solidaire est massif. Plus de 27'000 ouvriers de la construction et du second œuvre ont signé la pétition d’UNIA contre la sous-enchère salariale.

A l’heure où le marché du travail est en crise dans toute l’Europe, il est plus nécessaire que jamais de prévenir les abus et d’instaurer des moyens efficaces pour les combattre.
La Suisse a besoin de main d’œuvre étrangère en provenance de l’Union européenne, mais cela nécessite de mettre en place des règles de jeu précises et claires. Je suis pour la libre circulation des personnes, mais pas pour une libre circulation faisant passer les profits financiers des entreprises avant les intérêts des travailleurs et travailleuses. Si l’adhésion de la population aux accords bilatéraux s’effrite au fil du temps, c’est aussi faute de mesures d’accompagnement.

Le Conseil national devra se rallier à la décision du Conseil des États, soit : faire un pas vers la justice salariale et décider d’une responsabilité solidaire digne de ce nom afin de combler cette lacune des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. On a promis à la population suisse que les salaires et les conditions de travail du pays seraient respectés. Le 5 décembre, le Conseil national sera jugé à l’aune de cette promesse.



 

Politique étrangère 2011. Rapport du Conseil fédéral

"Le groupe socialiste prend acte des précisions que le Conseil fédéral a données début février, relatives aux négociations bilatérales avec l'Union européenne. Si nous saluons les efforts en vue de conclure rapidement l'accord crucial en matière d'électricité, la communication du gouvernement appelle toutefois quelques commentaires d'ordre général.

Le groupe socialiste est persuadé que notre pays a un intérêt stratégique clé à élargir son accès au marché intérieur, à renforcer sa sécurité juridique et, plus généralement, à développer ses relations avec l'Union européenne. Nous estimons en effet que ces objectifs ne peuvent être atteints à long terme que sur la base d'une nouvelle approche. L'administration des 120 accords bilatéraux est devenue à ce jour trop compliquée. De plus, la Suisse est aujourd'hui tellement intégrée dans l'ordre juridique et le marché intérieur de l'Union européenne qu'elle ne peut plus se tenir à l'écart du droit européen harmonisé. Or, l'abandon de la voie bilatérale au profit d'une politique plus cohérente suppose la résolution des questions institutionnelles.

Cependant, le groupe socialiste accepte une solution institutionnelle, si nécessaire qu'elle soit, seulement si un certain nombre de conditions sont remplies. Ainsi, le droit de l'Union européenne ne sera pas repris de manière automatique, mais par le biais des moyens habituels du Parlement et de la démocratie directe. En outre, nous récusons l'existence de "clauses de guillotine" en vertu desquelles un refus des Suisses d'intégrer le droit de l'Union européenne entraînerait la dénonciation automatique des accords concernés. De plus, il s'agit d'établir un tribunal arbitral qui décidera des questions que les commissions mixtes ne pourront pas résoudre par voie politique. Enfin, nous défendrons dans certains domaines l'adoption de mesures d'accompagnement afin d'assurer un changement structurel qui soit socialement acceptable.

C'est en vertu de ces propositions que le groupe socialiste soutiendra la politique européenne du Conseil fédéral, qui comporte la conclusion indispensable de plusieurs autres accords, dont notamment ceux en matière d'agriculture et d'imposition des sociétés.

En ce qui concerne maintenant un autre dossier: dès le début du printemps arabe, comme l'a dit Monsieur Carlo Sommaruga, le Parti socialiste suisse a revendiqué un soutien politique concret des pays intéressés. Notre groupe félicite le Conseil fédéral pour le programme qu'il a mis en place à cet égard. Toutefois, ces mesures nous semblent insuffisantes. En effet, nous regrettons l'absence d'une politique systématique à l'instar de celle que la Suisse avait adoptée il y a vingt ans pour répondre au développement en Europe de l'Est. Je rends aussi hommage au discours courageux de Samuel Schmid, à Tunis, en 2005.

Enfin, je tiens à faire quelques observations sur la Suisse comme hôte d'organisations internationales. Le maintien des organismes internationaux dans notre pays est dans l'intérêt tant de la Confédération que des cantons concernés. A l'heure actuelle, la Genève internationale doit affirmer sa place face à la concurrence. A ce titre, nous devons prendre des mesures ciblées dans le domaine de la sécurité, du logement, des transports publics. Ces problèmes coïncident en partie avec ceux que connaît la région franco-valdo-genevoise. Comme élu d'un canton impliqué, je tiens à réaffirmer que ces question cruciales doivent être réglées rapidement entre la Confédération et tous les acteurs publics et privés de cette région.

Ich danke Ihnen, dass Sie einem Genfer Nationalrat zugehört haben, der nicht auf Griechisch gesprochen hat (Heiterkeit) - was natürlich eine ebenso achtbare Sprache ist -, einem Nationalrat, der stolz ist auf die humanitäre Tradition und die internationale Bedeutung von Genf sowie darauf, dass Genf in Europa zu den Regionen mit dem grössten Wachstum gehört."



Chronique bernoise

Posted on: 20 décembre 2011 by manueltornare

 

D’abord il y a la ville. Berne. Lovée dans un bras paresseux de l’Aar. Si bien préservée qu’elle semble figée, mais détrompez-vous : elle vit ! Les commerces ne sont pas claquemurés ou masqués en bureaux, mais ouverts sur les coursives, sur la rue. Les transports publics sont ici si bien conçus que les voitures ont renoncé ! Berne, chaque Suisse a dû apprendre dans son cursus scolaire qu’elle n’est pas une capitale, mais une ville fédérale. Une ville fédérale ne doit pas être prétentieuse ! La différence n’est donc pas que politique ou administrative. Certains ont mal vécu ce côté hors du temps, achronique, provincial :pour un Paul Morand, ambassadeur de Pétain sous Vichy, diplomate égaré, écrivain étincelant, sublime ; Romain Gary, à la Libération, le gaulliste flamboyant, le remplaça mais s’y morfondait ! ‘’ Berne, la ville où tout se passe ailleurs !’’ écrivait-il ! Quel ours !
J’aime cette ville, fausse belle endormie, mais mon lac, les êtres chers que j’aime, mes copines et potes eaux-viviens, mon chien, me manquent. Mais le peuple m’a envoyé ici. Honneur certes, mais hasard ou destin ?
Ensuite, il y a l’exercice de ce mandat : tout a débuté à la cathédrale de Berne par une méditation œcuménique. Puis la prestation de serment dans la salle du National avec les discours : celui du plus jeune de l’Assemblée, Mathias Reynard. Un discours au ton ferme, juste, loin des déhanchements suffisants de certains politiciens de sa génération ! J’étais fier de ce jeune socialiste valaisan qui porte sa terre dans son verbe et son soleil dans son sourire. Puis se sont enchaînés les séances, les réunions du groupe PS, les préparations pour la commission des affaires étrangères où je siègerai (Apk). Et le fameux mercredi ‘’sans surprise’’. Si l’UDC avait gardé son sang-froid et avait été tactique, le PLR aurait perdu un siège ! Dès le lendemain, le travail reprend à vitesse TGV ! Les lobbies envahissent à nouveau ce palais fédéral avec leurs émissaires nous bousculant dans la salle des pas perdus ! Etrange cette coutume ! Puis l’adieu à Micheline ! On se rendra compte de plus en plus du rôle essentiel qu’elle a joué sur la scène internationale. Le film sur ma campagne sur tsr2 le lundi 12 décembre : pardon pour les jurons, le chew-gum, la tenue pas très sexy dans mon home ! Mais la sincérité a été perçue !
Alors Berne, chronique d’une première session. Berne : une ville où je dois me battre pour un ailleurs : Genève, ma Genève.